Chérif Defraoui

Écrits

  Chérif Defraoui renoue, au bout des récits conduits vers l’image, les liens anciens entre la mémoire et l’invention, la méditation et l’ornementation. Ses textes, en publication posthume, ressemblent aux machines mnémoniques dont les magiciens n’ont cessé de se servir.

Les Écrits de Chérif Defraoui nous rappellent que la magie, quand elle n’est pas de seconde main, n’a rien à voir avec une superstition puérile ou un délire idéologique. Ils montrent que notre siècle qui commence n’est pas nouveau, qu’il a été maintes fois essayé. Ils précisent que les contemporains ont toujours relancé les querelles sur l’image, parce que le merveilleux nous encercle, parce que les faussaires et les marabouts prospèrent.

 

Jadis, les archivistes ont été des philosophes ; naguère, des savants ; demain, ils seront des architectes qui auront reconstruit une machina memorialis, capable de créer une cité entière, faite de lieux pour ranger les choses, refaites de mémoires pour mieux penser les choses en images.

 

L’archivage de Chérif Defraoui est encore à venir. Il suppose des répertoires de routes, de jardins, de fontaines, de fenêtres, de puits, de pagodes, de radeaux, de contrées. Il nous invite à tourner le dos à McLuhan et à tout un cortège de suiveurs, puisque ce n’est pas le médium qui est le message, mais l’image préférable.

 

Chérif Defraoui relance le projet d’une encyclopédie conçue pour montrer comment le savoir échappe aux disciples et aux héritiers, aussi longtemps que les sagesses sont transmises par des opérations magiques et nous reviennent, une image après l’autre, par des prestidigitations.