Françoise Proust

Feu la souveraineté

  Françoise Proust tourne le dos aux tristes que le déclin fascine. Elle relit les Thèses sur l'histoire de Benjamin dans les marges des textes de Nietzsche, Kafka et Kraus. Ses essais sur le temps présent ont l'éclat des traités où s'impose l'écriture fragmentaire et où apparaissent, après le retrait des héros, des contes inouïs, des paraboles et des allégories à venir.

128 pages

140 x 205 mm

15 € / 19 CHF

Date de parution : mars 2014

 

ISBN 978-2-9700925-2-0

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Dramaturge, Françoise Proust aurait composé des comédies à tiroir. Romancière, elle aurait encadré ses chapitres et ses épisodes comme des tableaux. Philosophe, elle est confrontée à la nouveauté du temps contemporain qui ne renouvelle rien. Elle fait dire à Marx : « À une époque pauvre en héros et en événements, tout personnage médiocre peut, par un tour de passe-passe et en un coup de main, devenir un personnage d’opérette. Si une époque ne sait pas agencer du neuf avec de l’ancien, si elle ne sait pas mimer et doubler son présent pour le court-circuiter, alors c’est le même qui revient, c’est-à-dire de l’ancien et de l’usé recyclés sous les traits d’un nouveau venu pour notre temps. »

 

C’est pourquoi tous les livres de Françoise Proust élaborent une analytique et non une théorie de la résistance. C’est pourquoi aussi ils en examinent les conditions stratégiques de possibilité. Cet examen s’appuie notamment sur Kleist qui a inventé un nouveau genre philosophique et politique pour rendre compte d’une situation « où l’exception est devenue la règle et qui exige donc de ruser avec la règle pour lui extorquer des exceptions ».

 

Mais nous ne sommes plus au temps où l’on retrouvait dans tous les contes, comme le voulait Wilhelm Grimm, les fragments d’une pierre brisée qu’on aurait dispersés sur le sol, au milieu du gazon et des fleurs. Françoise Proust rappelle donc après Kleist que les oracles rendus ne font plus frémir, que les prophètes ont tourné la tête, que les pythies ont perdu leur trépied. Dans sa chronique, elle lance les jeux que la marionnette accompagne ; elle montre que les pensées les plus résistantes ont une grâce dont seule la marionnette est capable.

 

 

 

Françoise Proust (1947-1998) a enseigné au Collège international de philosophie et à l’Université Paris-I. Elle a publié, notamment, des ouvrages sur Kant et Benjamin. Son oeuvre est une méditation sur le temps et l’histoire. Elle est avant tout un traité subtil de la résistance.